Des énergies décarbonées pour une ville plus responsable


L’évaluation en 2009 des émissions de gaz à effet de serre (GES) sur le territoire a montré que la principale émissionprovient, après le transport des personnes, de la combustion de gaz naturel à des fins de chauffage et de productiond’eau chaude sanitaire. Les établissements publics se sont donc livrés à une réflexion visant à réduire la consommationénergétique du territoire et à en améliorer les  performances. Réseaux de chaleur, mix énergétique, énergiesrenouvelables, bâtiments exemplaires... Autant d’innovations mises au service d’un territoire plus responsable.


© Epamarne / Architecte : Atelier Thierry Roche et associés / photo : Eric Morency
Améliorer la performance énergétique et environnementale du bâti

Dans le respect des décrets d’application du Grenelle I et II, les EPA ont porté une attention particulière sur le bâti en privilégiant notamment la réalisation d’immeubles à basse consommation.

Deux bâtiments tertiaires démonstrateurs ont été livrés cette année à la Cité Descartes : Le Bienvenüe et Coriolis, bâtiment à énergie positive qui concentre des technologies et savoir-faire à la pointe en matière de développement durable tels que cellules photovoltaïques, pompes à chaleur sur nappe, free cooling par plancher rayonnant, récupération et épuration naturelle des eaux pluviales et  sondes géothermiques verticales.

Résultat : une consommation de 30 kW/m2/an au lieu de 250 kW/m2/an pour un bâtiment du même type.
Mieux, ce bâtiment HQE® est déjà aux normes européennes en vigueur en 2020.

Deux nouveaux programmes de bureaux majeurs viennent par ailleurs d’être signés, l’un de 25 000 m2 et l’autre de 30 000 m2.
Ils bénéficieront tous deux d’innovations en termes de performance énergétique et de suivi par capteurs.

En matière d’activité économique toujours, un nouveau concept de datacenters écologiques a été mis au point.

La société Celeste, implantée à la Cité Descartes, dispose de locaux affichant la meilleure performance énergétique mesurée en France et développe un projet expérimental de datacenters modulaires écologiques. Par ailleurs, l’institut d’excellence Efficacity, référence française en matière de R&D sur l’efficacité énergétique des villes, réunit les leaders français publics et privés de la conception, de la construction et de la gestion de la ville durable. Ses locaux sont installés à la Cité Descartes, dans le bâtiment Le Bienvenüe.

Généraliser la certification

Les EPA ont anticipé depuis plusieurs années les évolutions de la réglementation à travers la démarche HQE. En matière de logement, le niveau de performance des projets résidentiels sur   l’ensemble de Marne-la-Vallée est ainsi supérieur à la RT 2012, en particulier dans les écoquartiers.

Des opérations pilotes sont en cours, telles que les maisons individuelles labellisées Passiv Haus à Chanteloup-en-Brie. Tout ceci contribue à améliorer la qualité environnementale, la performance énergétique et le confort des logements.

Des objectifs sont fixés aux maîtres d’ouvrage qui sont accompagnés dans cette démarche par l’organisme certificateur Cerqual, partenaire de l’EPA, et qui a certifié 1 000 logements à Marne-la-Vallée.

Le label bas carbone BBCA

Tout nouvellement créé par l’association pour le développement du bâtiment bas carbone (BBCA), ce label Bâtiment bas carbone a été délivré pour la première fois à huit projets de bureaux et 7 projets de logements collectifs le 5 juillet, en présence de la ministre Emmanuelle Cosse.

Trois programmes de logements situés à Marne-la-Vallée figurent parmi les quinze projets qui ont reçu ce tout nouveau label bas carbone BBCA :

  • Une résidence destinée aux étudiants située à Noisiel et proposant 231 studios R+5 pour une surface de 5 590 m² – Maître d’ouvrage : Crédit Agricole Immobilier SAS – Architecte : GERA Architectes – Livraison prévue au 2ème trimestre 2018.
  • Deux lots dans l’écoquartier Le Sycomore à Bussy Saint-Georges (lots SY4a et SY4b), proposant 221 logements  – Maître d’ouvrage : Crédit Agricole Immobilier  – Architecte : Atelier BW Dumont.

La ministre du Logement et de l’Habitat durable Emmanuelle Cosse a salué ces premières réalisations exemplaires et souligné que la France était leader en Europe, voire dans le monde sur la lutte contre les gaz à effet de serre, notamment dans le bâtiment.

Développer les réseaux de chaleur

Afin de contribuer aux objectifs nationaux de transition énergétique, Marne-la-Vallée encourage la mise en place de réseaux de chaleur pour alimenter des bâtiments publics et privés à partir d'une  chaufferie collective. Ces réseaux permettent de mobiliser d'importants gisements d'énergie renouvelable difficiles d'accès ou d'exploitation, notamment en zones urbaines, tels que le bois-énergie, la géothermie ou encore la chaleur de récupération.

Trois réseaux de chaleur ont été réalisés ou sont en cours : à l’ouest du territoire, une centrale géothermique fournit 85 % des besoins en chaleur un réseau de chauffage urbain et eau chaude sanitaire de 4 964 équivalents logements sur les communes de Lognes et Torcy.

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Au centre, une chaufferie bois alimentera l’écoquartier de Bussy Saint-Georges et à l’est, un réseau de chaleur utilisant l’énergie produite par les rafraîchisseurs du datacenter implanté à Serris satisfait les besoins de chauffage et d’eau chaude du centre aquatique voisin et des établissements situés sur le parc d’entreprises Paris Val d’Europe.

 

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A terme, ce réseau de chaleur de 4 km de long alimentera en eau chaude et chauffage jusqu’à 600 000 m2 de bâtiments, principalement tertiaires. De quoi diminuer considérablement l’impact énergétique de ces locaux en économisant chaque année 5 400 tonnes de CO2.

 

D’autres projets sont  actuellement à l’étude. Un réseau devrait voir le jour à la Cité Descartes, dans le cadre du projet de « smart grid » développé avec EDF-ERDF-Dalkia, ainsi que sur le Val d’Europe.

Favoriser la mise en oeuvre d’un mix énergétique

Les principales énergies décarbonées sont produites à Marne-la-Vallée grâce au photovoltaïque, à la géothermie et à la biomasse, majoritairement bois. Les massifs forestiers et le potentiel géothermique du territoire favorisent la mise en oeuvre de plusieurs projets de mix énergétique :

  • projet de plateforme biomasse d’un potentiel de 37 000 tonnes par an ;
  • projets de photovoltaïque en toiture de bâtiments d’activité ;
  • projet de démonstrateur de parc photovoltaïque au sol ;
  • projet de plateforme de méthanisation ;
  • utilisation de la géothermie profonde pour alimenter le projet d’éco-tourisme Villages Nature.

Les EPA travaillent aussi à la mise en place d’une filière bois-énergie. Celle-ci sera basée sur l’exploitation des gisements situés au nord et au sud du département, mais surtout sur les produits de  la taille et de l’élagage de l’ensemble du département.

L’objectif est d’utiliser sur place le bois produit, ce qui évitera également les émissions de CO2 du transport.

MARNE-L A-VALLÉE, LAURÉAT DE L’APPEL À PROJETS ÉCOCITÉ 2

Fin décembre 2015, l’établissement public et ses partenaires publics et privés ont été lauréats de l’appel à projets ÉcoCité 2.

Soutenue par le Programme d’Investissements d’Avenir (PIA) Ville de demain, cette démarche partenariale conduite par l’État est destinée à accompagner de grandes agglomérations françaises dans la transition écologique des territoires à travers des projets innovants, démonstrateurs et exemplaires de ce que sera la ville de demain.

Un ensemble cohérent de 14 actions d’innovation, en adéquation avec la vision stratégique du territoire portée par les collectivités et les EPA, a ainsi été sélectionné par le Commissariat Général à l’Investissement :

  • Efficacité énergétique des bâtiments autour du projet de la future gare GPE Noisy – Champs et des communes de Chanteloup-en-Brie et de Magny-le-Hongre : construction bois répondant aux exigences BEPOS, éco-conception, simulation énergétique à l’échelle du quartier.
  • Mobilité urbaine innovante : desserte par les transports en commun, route de 5e génération
  • Innovations d’usage en concertation avec les habitants à l’échelle du quartier : projet d’agriculture urbaine à Montévrain,
  • Outil numérique de concertation à Serris.
  • Amélioration de la qualité de vie : études aérauliques, réduction des nuisances sonores, micro-réseaux d’eau glacée.

Ces projets sont pour la plupart porteurs de nouveaux « modes de faire », parfois décisifs en ce qu’ils lèvent  des verrous techniques et/ou organisationnels permettant d’accélérer la transition énergétique et écologique des villes.